Le fondateur

À la fin de son mandat en 1983, il continue de défendre la continuité du répertoire, et crée à cet effet une fondation sous l’égide de la Fondation de France. Elle porte alors le nom de Fondation du Théâtre et travaille en étroite collaboration avec la société de production Domaine théâtral créée en même temps.

Dès le début, il obtient le soutien du ministère de la Culture et de la communication ainsi que de la Ville de Paris. Il sollicite alors plus de 400 chefs d’entreprise. Une cinquantaine lui répondent. Ils lui resteront fidèles.

Huit ans plus tard, reconnue d’utilité publique, la Fondation qui porte désormais le nom de son fondateur gagne son autonomie et participe déjà à son trentième spectacle.

Peu à peu, il noue des liens privilégiés avec certains théâtres (Comédie des Champs-Élysées, Palais-Royal, Hébertot, Atelier, Bouffes Parisiens …) et se rapproche d’une famille d’auteurs (Loleh Bellon, Yasmina Reza, Jean-Claude Brisville, Jean-Marie Besset …), et de metteurs en scène (Jean-Pierre Miquel, Patrice Kerbrat, Régis Santon …).

Parallèlement, Jacques Toja organise Les Rencontres du Palais Royal, met en scène Mozart de Sacha Guitry au théâtre de Tours (1985) et remonte sur les planches dans Maison de poupée d’Ibsen au Théâtre Boulogne-Billancourt (1986), puis dans Le saut du lit au Théâtre des Variétés (1988). Il interprète son ultime rôle deux ans plus tard aux côtés de Ludmilla Michael et Robin Renucci dans L’Officier de la garde de Ferenc Molnar à la Comédie des Champs-Élysées.

Dès lors, il se bat contre le cancer qui l’emportera six ans plus tard, le 23 mars 1996.

 » Il sut avec courage et dignité nous cacher ses souffrances. Il est parti avec le sourire léger de ceux qui font croire aux autres que la vie n’est qu’un passage joyeux et insouciant et que le plaisir de donner et de feindre le bonheur est le meilleur masque de la comédie  » écrivait son fidèle ami, Jean-Claude Brialy. Il repose au cimetière de Nice non loin de la place qui porte désormais son nom.

Promu Officier de la Légion d’Honneur en 1991, il conclut son discours ainsi :

« Il ne me reste maintenant qu’à poursuivre ce qui a été entrepris, maintenir vivant le répertoire, l’enrichir si possible, et parallèlement augmenter la dotation de la Fondation afin qu’elle puisse, un jour, vivre par elle-même et me survivre. » J.Toja

C’est chose faite.

►  Témoignage sonore: J.Toja parle de son ambition pour la fondation