Le comédien-français

L’année de son entrée dans la troupe des comédiens Français, il joue jusqu’à 17 rôles. Puis, il fait ses « débuts officiels » dans Le barbier de Séville tenant le rôle du Comte Almaviva.

« Si l’on m’avait à cette époque là demandé de signer un contrat m’engageant pour toute la vie, je l’aurais fait sans hésiter. Tous les jeunes comédiens auraient réagi de même, ce qui est totalement inconcevable aujourd’hui ». J.Toja

Pourtant, en 1957, sur un coup de tête, le premier, le seul assurément précisera-t-il, il donne sa démission de la Comédie-Française afin de créer une pièce d’André Roussin, La Mamma, auprès d’Elvire Popesco. La pièce est un triomphe (750 représentations) mais très vite il regrette les grands classiques et surtout l’alternance :

« Je me rends compte que je ne suis pas fait pour jouer plusieurs centaines de fois la même pièce. » J.Toja

Sans rancune, la Comédie-Française lui propose un nouvel engagement. En 1960, il est nommé sociétaire. Dès lors, il joue tous les jeunes premiers du répertoire chez Molière, Marivaux ou Musset puis les premiers rôles : Alceste, Cyrano, Hippolyte, Don Juan. Il évolue ainsi avec l’âge de ses personnages :

« Dans Le jeu de l’amour et du hasard, par exemple, je commence par jouer le jeune frère, puis l’amant, puis le père de Sylvia. C’est cela qui faisait, je crois, la force d’une troupe à laquelle on reste longtemps lié. » J.Toja

Outre ces grands classiques, il participe à la création de nombreuses pièces modernes : Le Songe de Strindberg, Dialogues des carmélites de Bernanos, Ondine et Électre de Giraudoux …

Dès l’instant où il est élu sociétaire, il s’intéresse à l’administration du théâtre. Son manuel de comptabilité dépoussiéré, il devient membre du comité d’administration. Et, lorsque plus tard Maurice Escande devient administrateur général, il le prend comme assistant.

« Sociétaire exemplaire » disent de lui ses pairs. En effet, il ne demande jamais de congé pour jouer à l’extérieur et tourne rarement dans des films. Il sera tout de même Aramis dans Les trois mousquetaires, le rôle-titre dans le Capitaine Fracasse et Louis XIV dans la série des Angélique, qui le rendra célèbre par delà sa génération. Il paraît également dans une vingtaine de pièces à la télévision.

►  Extrait sonore: J. Toja interprète Adolphe dans "Les Créanciers"

►  Extrait sonore: J.Toja dans "Le Malade imaginaire"